16/12/2007

Le Père Noël et mon papa

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Cette nuit, j'ai entendu du bruit dans l'appartement. Ça m'a réveillé. J'ai pas bougé, pour être sûr... ça a recommencé! Des pas dans le salon. D'abord, je me suis dit que c'était peut-être des cambrioleurs, et j'ai tiré la couverture par-dessus ma tête en serrant très fort mon ours. Pour qu'il ne remue pas. Oh! moi j'avais pas peur, mais si on voulait les attraper, il valait mieux ne pas se faire remarquer.

J'ai écouté longtemps, sans respirer... mais, comme on n'entendait plus rien, j'ai lâché mon ours pour le cas où ça deviendrait dangereux, et je me suis glissé hors du lit pour aller chercher mon pistolet-laser. J'ai remonté le pantalon de mon pyjama qui descend toujours, puis j'ai ouvert la porte de ma chambre, tout doucement, car parfois elle grince.

Il faisait tout noir dans le hall d'entrée; sous la porte de la chambre de papa et maman, il n'y avait même pas le petit rayon des nuits où maman lit très tard.

Sur la pointe des pieds, je suis arrivé à la porte du salon, qui était entre ouverte, et là... j'ai failli laisser tomber mon laser. Le «cambrioleur» avait allumé la petite lampe à côté de la télé. Ah! oui, drôle de cambrioleur; je l'ai reconnu tout de suite, à son costume rouge bordé de blanc, à son bonnet spécial et à sa barbe toute blanche. Il avait appuyé sa grande hotte contre la cheminée, pour travailler plus à l'aise : il déposait plein de cadeaux sur le tapis, au pied du sapin. J'ai fait :
- Ouhhhhhh! Le Père Noël!
Lui, il s'est retournée et il a rigolé en voyant mon pistolet-laser pointé sur lui. Il a posé son doigt sur la bouche :
- Chut! N'aie pas peur, c'est papa. Ne fais pas de bruit, tu vas réveiller ta soeur.
J'étais tellement étonné de rencontrer le Père Noël, comme ça, à la maison pendant la nuit, que j'ai rien trouvé à répondre. Alors, il m'a dit :
- Retourne vite te coucher, petit homme, pendant que je termine de préparer la fête pour demain.
Et il m'a envoyé un baiser qui vole, exactement comme fait papa quand il me dit bonsoir, avant d'éteindre. Mais là, c'était pas pareil; il a soufflé sur son gant blanc et sa grosse bague a jeté un reflet rouge. Je me suis senti tout bizarre : mes yeux piquaient, comme quand j'ai sommeil...

J'ai remonté le pantalon de mon pyjama, qui était encore descendu, et je suis retourné dans ma chambre, comme il l'avait demandé. J'ai refermé la porte, et j'ai grimpé dans mon lit, près de mon ours. Il s'était caché tout au fond. Maman dit souvent qu'on le même âge tous les deux, et après elle l'appelle Vieux Nounours. Il est pas vieux; moi je le trouve encore petit : il a toujours peur. Il faut que je le protège. Alors, je lui ai tout expliqué pour le rassurer :
- ... Et, tu sais, j'ai rien dit, parce qu'il faisait semblant d'être papa, pour pas qu'on le reconnaisse et parce qu'il n'avait pas le temps, à cause de tout le travail qu'il a cette nuit pour aller chez tous les enfants. Partout! Tu te rends compte?... Mais moi je sais bien que ce n'était pas mon papa. C'ÉTAIT LE PÈRE NOËL!

16:38 Écrit par bete et fier de l'etre dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : contes |  Facebook |

08/12/2007

contes

 

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La petite fille aux allumettes

Par une nuit glaciale d'hiver, une petite fille marchait dans les rues, regardant les vitrines illuminées. C'était la veille du Jour de l'An. Les bras chargés de cadeaux, les passants se dépêchaient de faire leurs derniers achats. Mais cette petite fille-là n'attendait aucun cadeau. Elle vivait toute seule avec son père. Et malheureusement, il ne l'aimait guère.

Elle serrait un paquet d'allumettes dans ses petites mains bleuies de froid. Sa robe était déchirée. Le vent la faisait frissonner, et la neige sur les pavés brûlait ses pieds nus. Les lumières des vitrines allaient bientôt s'éteindre. Les passants rentrianet chez eux. Elle était seule dans la rue.

« Je n'oserai jamais revenir à la maison, pensait la petite fille. Je ne pourrai pas dire à mon père que je n'ai pas vendu d'allumettes. Vraiment, je ne peux pas rentrer ! »

Entre deux maisons de pierre grise, la petite fille s'assit dans un recoin. Comme elle avait froid! Les flocons de neige mouillaient ses cheveux blonds.
« Je vais craquer une de mes allumettes, se dit-elle, ce la me réchauffera les mains. » La flamme chaude et claire brilla dans l'obscurité. La petite fille s'imagina qu'elle était assise devant un bon feu, dans une salle à mange éclatante de lumière. Mais l'allumette s'éteignit, et la vision disparut.

Lorsqu'elle frotta une deuxième allumette, le mur gris devint transparent. Elle vit la table de la salle à manger, chargée de plats délicieux : une dinde rôtie, une bûche glacée décorée de fruits confits. Tan de bonnes choses qu'on ne savait par laquelle commencer. Mais lorsqu'elle étendit la main, la vision s'évanouit.

La petite fille fit craquer une troisième allumette. Elle se vit au pied d'un magnifique arbre de Noël. Une centaine de bougies étincelaient sur ses branches vertes.

Enveloppés de papier d'or et d'argent, des cadeaux étaient entassés autour du sapin, et la petite fille savait qu'ils étaient tous pour elle.

En haut de l'arbre scintillait une splendide étoile qui, soudain, tomba à terre. On aurait cru voir une étoile filante dans le ciel. Et la petite fille se souvint de sa grand-mère, la seule personne qui l'ait aimée vraiment. Avant de mourir, elle lui avait appris que les étoiles filantes montent vers le paradis.

« Comme je serais heureuse de revoir grand-mère! » pensa la petite fille en craquant une quatrième allumette. Et voilà que sa grand-mère apparut, encore plus belle et plus souriante que lorsqu'elle était en vie.

« Ne me quitte pas, grand-mère! murmura la petite fille. Je sais bien que tu partiras quand l'allumette s'éteindra. Emmène-moi avec toi, je t'en pris. » Elle frotta en h'te toutes les allumettes qui restaient dans le paquet. Il faisait plus clair qu'en plein soleil. Lorsque la dernière allumette s'enflamma, la grand-mère ouvrit les bras et prit sa petite fille avec elle. Et elles s'envolèrent ensemble.

L'allumette s'éteignit, et tomba des mains froides et sans vie de la petite fille. On la trouva morte le matin du Jour de l'An, assise entre les deux maisons grises. Elle souriait et paraissait heureuse. Personne ne savait que sa grand-mère était venu la chercher pour la mener au ciel.

00:04 Écrit par bete et fier de l'etre dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : contes |  Facebook |

07/12/2007

contes de Noel

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Noël d'Amour

Il était une fois une petite fille, Estelle, qui vivait avec sa maman, le mari de celle-ci et leurs deux enfants. Elle se sentait souvent mise de côté, n'étant pas la fille de ce deuxième mariage, mais elle savait combien sa maman les aimait, elle, sa soeur et son frère.

Durant l'année, elle passait souvent ses journées dans sa chambre, après l'école, pour avoir la paix, l'ambiance dans la maison n'étant pas toujours agréable. Sa maman, en effet, était régulièrement injuriée et battue par son mari et Estelle préférait rester dans sa chambre plutôt que d'assister à ces scènes de violence verbale et physique.

Sa maman avait la vie dure. Estelle, sa soeur et son frère, par ricochet, n'eurent pas eu une enfance des plus heureuses mais, quand venait le temps des fêtes, une magie s'installait dans la maison.

Chaque année, quelques semaines avant les fêtes, Estelle commençait à faire ses cadeaux avec sa maman. Un thème était choisi et tous les cadeaux étaient bricolés minutieusement. C'était un temps doux où Estelle était avec sa maman et avait du plaisir à préparer ces surprises qui mettraient un sourire sur les lèvres de ceux qui les recevraient. Juste à y penser, le coeur d'Estelle était rempli de joie.

Ensuite, Estelle emballait les cadeaux dans du beau papier. Elle les entourait d'une belle ficelle de couleur et écrivait le nom du destinataire sur une toute petite carte qui était accrochée à la ficelle. Estelle adorait emballer les cadeaux : elle mettait du papier collant partout, il fallait que le papier tienne bien pour qu'on ne voit pas ce qu'il y avait dans le paquet !

Estelle, chaque année, apprenait aussi, dans les semaines avant Noël, une poésie ou un morceau de flûte à bec qu'elle présenterait devant le sapin. Dans sa famille, on ne devait pas déroger à une coutume : pour que les enfants puissent ouvrir leurs cadeaux, ils devaient, après le souper, se mettre l'un après l'autre devant le sapin et faire une petite prestation.

De plus, Estelle faisait de la danse classique. Elle présentait, chaque année, une petite chorégraphie avec de la musique spécialement gravée sur un 45 tours pour l'occasion par sa professeure de danse. C'était la partie qu'Estelle aimait le moins, que tout le monde la regarde !!!

Quelques jours avant Noël, la maman d'Estelle déplaçait les meubles dans la salle à manger et installait le sapin sur lequel Estelle accrochait des boules, des guirlandes et des bougies. En ce temps-là, il n'y avait pas encore de fils électriques avec des lumières de toutes les couleurs. Les bougies étaient installées dans un petit bougeoir qui se «clippait» sur les branches. On devait faire attention à ce qu'il n'y ait pas de branche au-dessus pour qu'elle ne prenne pas feu. Ensuite, Estelle, sa soeur, son frère et leur maman déposaient délicatement les cadeaux sous l'arbre.

La journée de Noël était la journée de l'année qu'Estelle préférait : dès le matin, une magie s'installait dans la maison comme si, cette journée-là, la douceur et l'amour ne pouvaient pas faire place à des sentiments négatifs, contrairement aux autres jours de l'année. Tout le monde était excité ! Maman commençait tôt le matin à préparer le repas qui allait être servi : du poulet, des frites et des petits pois. Un beau gâteau terminerait le souper en beauté.

En revenant de travailler, le beau-père d'Estelle allait chercher la maman de sa maman qui vivait seule. Elle faisait toujours partie de ce rituel annuel.

Tous ensemble, ils soupaient devant le sapin qui éclairait la pièce de ses bougies. L'ambiance était tellement douce et tendre... La musique de Noël, le bon souper, les poésies et la musique des enfants, les cadeaux, les yeux tout ébahis devant de belles surprises, les sourires et les becs étaient les plus beaux moments d'Estelle. Estelle ressentait alors enfin tant d'amour...

Estelle se souviendra toujours de ces journées inoubliables qui étaient tellement différentes des autres jours de l'année : sa maman réussissait, même à travers ce qu'elle vivait de difficile avec son mari, à faire de cette journée un espace rempli d'Amour et de bonne humeur qui réchauffait tellement le coeur d'Estelle. Durant quelques heures, seul l'Amour était présent et, en plus, il était célébré et partagé.

Estelle avait chaque année un rôle dans la petite pièce de théâtre à l'église, le soir de Noël. Elle connaissait aussi l'histoire de Noël et de la Nativité mais, pour elle, Noël était avant tout une fête où, une fois dans l'année, on célébrait tout simplement l'Amour et ça, c'était son plus merveilleux cadeau !

Chaque jour, elle se souvient de cet Amour si tendre qu'elle ressentait alors et qui lui permet aujourd'hui d'aimer les gens, la vie, de toujours garder espoir et de passer à travers des moments plus difficiles parfois.

Avec les années, Estelle a rencontré des personnes qui ne fêtent pas Noël. Celles-ci sont restées avec de mauvais souvenirs de cette journée ou décrètent que ce n'est qu'une fête commerciale. Estelle répond chaque fois :

«Pour moi, Noël est un jour spécial dans l'année
où on célèbre l'Amour,
où on s'offre un cadeau en guise de reconnaissance,
où on partage un temps précieux
avec ceux et celles qu'on aime
et où on se dit parfois «Je t'aime»...».

Morale de l'histoire :

Même si, tout au long de l'année, les journées sont difficiles,
Noël peut être une fête qui marquera à jamais un petit être
car il se souviendra sûrement toujours
de cet Amour qu'il a ressenti alors
et qui lui restera pour toujours imprimé au fond de son coeur.

N'est-ce pas le plus merveilleux
des cadeaux ?

En hommage à maman

03:00 Écrit par bete et fier de l'etre dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : contes |  Facebook |

contes de Noel

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Les anges dans notre montagne

Un jour, un petit ange de sapin de Noël s'est égaré dans la montagne de Saint-Hilaire. Son histoire a connu une fin tellement merveilleuse qu'elle mérite d'être contée dans le temps des Fêtes.

L'ange avait été oublié sur une grosse roche près du lac Hertel, quelques jours après Noël, par la petite Émilie, qui avait aidé sa maman à défaire l'arbre de Noël. Elle trouvait l'ange, qu'elle appelait Angelito, bien joli avec ses petites ailes transparentes, sa robe argentée, ses boucles couleur de blé et ses yeux bleus-ciel. Émilie était inconsolable de la perte de son Angelito et aussi de la peine qu'elle craignait faire à sa maman. Hélas, la neige avait bientôt couvert le petit ange, dont les ailes étaient devenues de glace. Mais Angelito n'avait heureusement pas froid, car les anges n'ont jamais froid, mêmes les anges de sapins de Noël.

Pendant le long sommeil de l'hiver l'ange rêvait avec tristesse au beau sapin de Noël. Il avait eu la place de choix, en haut au sommet de l'arbre. Le sapin baignait dans l'éclat de mille petites lumières et était bercée par la douce musique des Fêtes. Est-ce que ce temps merveilleux reviendrait un jour?

Le chaud soleil du printemps qui fait renaître les fleurs et les plantes avait fait un petit miracle de plus. Il avait non seulement dégelé les ailes de l'ange mais avait même réussi à y insuffler un brin de vie. Angelito avait pu prendre son vol avec les oiseaux du printemps.
Quel bonheur pour un ange qui avait toujours été attaché au sommet d'un sapin ou caché dans une boîte de carton. Puis, quelle surprise de découvrir que sur la montagne il y avait des pins et des sapins bien plus beaux et plus hauts que dans le salon d'Émilie.
Angelito s'installait à tour de rôle sur les sapins géants. Alors le petit ange a eu une idée audacieuse qui a fait bondir son coeur de coton. Pourquoi ne pas organiser une fête de Noël ici sur la montagne avec les beaux sapins qui y poussaient partout?

Mais la montagne était pas mal plus grosse que le salon d'Émilie. Il fallait donc trouver d'autres anges pour s'installer sur tous les sapins et les pins. Alors Angelito a commencé son recrutement dans les villes et village autour du Mont Saint-Hilaire. Il a réussi à visiter des centaines de greniers et à frapper à d'innombrables de boîtes de décorations de Noël.

Les anges de toutes grandeurs et de toutes couleurs étaient enchantés de quitter leurs cachettes pour aller à montagne préparer une grande fête de Noël. Ils et elles ont tous trouvé un beau pin et sapin d'où on voyait la montagne avec ses sommets et le grand miroir du lac. Les arbres étaient fiers d'avoir des visiteurs ailés aussi chics et les oiseaux étaient au début un peu envieux. Mais les anges étaient discrets et ne dérangeaient pas les nids des oiseaux.
Mais, les érables et les hêtres étaient tristes. Ils n'avaient pas d'anges pour décorer leurs sommets.
"Pourquoi sommes-nous toujours oubliés durant le temps des fêtes? Ce sont toujours les mêmes, les sapins et les pins, qui se font décorer et admirer. Ce n'est pas juste !"

Les anges, qui ont pour tâche de voir au bonheur des vivants et veiller à ce que tous soient traités justement, se sont consultés.
"Comment pouvons-nous inclure les érables et les hêtres dans la grande fête de Noël?"
Ce n'était pas facile, car les anges ne pouvaient pas s'installer sur les petites branches des cimes au risque de tomber. Les sapins et les pins avaient des sommets pointus. C'était bien pratique.

Alors l'ange d'Émilie a eu une idée lumineuse.
"Mes amis, il y a aussi les étoiles de Noël. Elles peuvent s'installer n'importe où dans les arbres".
L'idée n'était pas bête, alors l'armée des anges de sapins ont décidé de retourner aux greniers de la région pour y réveiller les étoiles qui avaient aussi embelli des sapins de Noël. Ce fut un succès monstre. Les anges ont déniché une nuée d'étoiles qui se sont fièrement installés dans les érables et les hêtres.

Quand anges et étoiles se pratiquaient pour voir l'effet, les cimes des arbres de la montagne semblaient couverts d'une petite neige étincelante. C'était merveilleux et tout le monde était heureux ou presque. Les anges et les étoiles qui avaient tous vécu avec bonheur de nombreux Noëls dans les foyers de la région, trouvaient qu'il manquait quelque chose d'important : la musique. Où aller chercher la musique?

Les oiseaux étaient bien prêts à chanter, mais la plupart, habitués à passer l'hiver au sud, n'avaient pas le goût de passer l'hiver sur la montagne pour faire plaisir aux anges.

Alors le vent, qui visite la montagne en toutes saisons, a offert de faire sa part et de souffler dans les branches, tantôt doucement, tantôt fort pour faire un genre de petite musique. Les Mésanges et les Jais Bleus qui restent sur la montagne en hiver, ont même offert de prêter leurs voix. À la pratique, l'effet n'était pas très impressionnant. Heureusement que le vent, grand voyageur, savait des endroits familiers où se trouvait la vraie musique de Noël: les stationnements des centres d'achats. Ils amèneraient les airs des Fêtes pour compléter la grande célébration.

"Ah, malheur, s'est écrié l'ange d'Émilie, il n'y a pas de cadeaux sous les arbres!! Il n'y a pas de vrai Noël sans cadeaux pour tout le monde".
Les anges, les étoiles et le vent se sont regardés.
"C'est un problème sérieux. Pas de cadeaux pas de fête!".
Bien sûr, les anges, les étoiles et le vent vivent tous dans les nuages et oublient parfois de faire appel aux humbles terriens. Ils avaient donc oublié des résidents bien important de la forêt : les renards, les musaraignes, les ratons-laveurs, les écureuils et les lièvres qui avaient pourtant suivi les préparatifs avec un grand intérêt. Les écureuils sont donc montés vers les cimes pour offrir les services des animaux de la terre.
"Nous serions heureux de faire notre part. Nous pouvons aller chercher de belles roches et des cocottes, qu'on mettra aux pieds des arbres".
Les anges ont applaudi et tout était pratiquement prêt pour la fête.

Il restait juste à attendre l'arrivée de Noël dans quelques semaines. Ils sont donc donné rendez-vous pour la fin de semaine avant Noël, car les anges et les étoiles voulaient ensuite retourner dans les foyers, questions de ne pas décevoir les gens qui avaient besoin d'eux pour décorer leurs sapins.

En début de soirée, le samedi avant Noël, la montagne était couverte d'un beau manteau de neige. Les anges se sont perchés sur les sommets des sapins et des pins, les étoiles se sont installées dans les érables et les hêtres, les roches et les cocottes décoraient la neige autour des arbres et le vent amenait de la musique de Noël. Ce spectacle était impressionnant, plus beau que les décorations des plus beaux salons de la région.

Les anges faisaient trembler leurs ailes argentées, les étoiles vibraient pour refléter la lumière de la lune, les Mésanges et les Jais Bleus faisaient leur petit concert et les écureuils rangeaient les roches et les cocottes. Tout le monde travaillait fort, très fort pour faire jaillir l'esprit et la joie de Noël. Mais malgré les efforts et la bonne volonté, le coeur n'y était pas.

Les anges étaient les premiers à s'en rendre compte.
"Qu'est ce qu'il manque donc ? Nous avons des milliers d'anges et d'étoiles, de la musique, des cadeaux et on sent que l'esprit de Noël n'est pas au rendez-vous. Misère. Nous allons quand même pas manquer la fête de Noël sur la montagne".
La montagne est devenue silencieuse. Les ailes des anges ont cessé de trembler, les étoiles sont devenues bien tranquilles, le vent est tombé et les animaux étaient tristes. La belle fête n'avait pas lieu, malgré tous les efforts. Bientôt anges et étoiles allaient retourner dans les foyers.

Alors le miracle est arrivé. Des gens sont arrivés tout à coup, près du lac. Ils ont allumé des feux. Une chorale s'est installée près du petit chalet au bord du lac, éclairée d'une couronne de flambeaux, et a commencé à chanter des cantiques et des airs de Noël. De plus en plus de gens sont arrivés. Des parents avec des enfants, des couples d'amoureux, des aînés. Ils avaient tous quitté leurs foyers pour se retrouver avec des gens de partout. Leurs petites familles étaient en train de devenir une grosse famille. Ils étaient bien emmitouflés pour se protéger du froid. Ils s'asseyaient autour des feux et buvaient du chocolat chaud.
Un petit Noël était en train de devenir un grand Noël merveilleux.

Là les anges et les étoiles ont senti une chaleur les envahir, la chaleur de l'esprit de Noël, l'esprit du partage et de l'amitié. Leurs ailes se sont de nouveau mises à trembler, les étoiles étincelaient, le vent ajoutait sa musique à celle de la chorale, les animaux avaient de petits yeux brillants. Si les petits anges des sapins avaient pu chanter ils se seraient mêlés à la chorale du haut des cimes.

Le petit miracle de Noël était tellement fort que les visiteurs tassés devant la chorale et devant les feux, sentaient à leur tour une chaleur qu'ils n'avaient pas ressentis en faisant leurs emplettes ou en décorant leurs sapins. Des enfants ont été les premiers à remarquer que des drôles de papillons blancs décoraient les sommets des pins et des sapins et des étoiles brillaient bien haut dans les érables.
Émilie, qui cherchait toujours son cher Angelito, regardait aussi les sommets.

"Maman, maman. Regarde là-haut. C'est Angelito!!"
Elle s'est mise à crier
"Angelito! Viens, viens!!".

Angelito ne pouvait pas laisser les autres anges, mais il a fait de petits saluts avec ses ailes pour la rassurer. Il savait d'ailleurs qu'il serait bientôt de retour au foyer, comme les autres.

Quelle fête de Noël !!
Le plus extraordinaire était que, sur la terre et dans les cimes, des coeurs battaient plus fort, des yeux brillaient de joie et des énergies secrètes se mêlaient.

Qui aurait cru que la petite Émilie en oubliant le petit ange de son sapin sur la montagne, avait transformé la montagne en un lieu de fête pour les hommes, les femmes, les enfants, les anges, les étoiles, le vent et les animaux.
Au lieu de chanter "Les anges dans nos campagnes" on pourrait entonner ce soir "Les anges dans notre montagne".

Après la fête sur la montagne, les petits anges de coton et les étoiles de tôle se sont empressés de retourner dans les maisons qu'ils avaient quittées pour faire profiter tous les foyers de la région de leur présence joyeuse. Ils allaient répandre l'esprit de partage et d'amitié qui avait régné sur la montagne de Saint-Hilaire en ce soir merveilleux quelques jours avant Noël.

Les sapins, les pins, les érables et les hêtres espèrent revoir tous les ans leurs visiteurs merveilleux et le vent est prêt à aller chercher la plus belle musique.

conte de Kees Vanderheyden
Mont-Saint-Hilaire

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